Biographie
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Curriculum Vitae

Dans l'atelier d'Hélène

Née à Bayonne (France, Pyrénées-Atlantiques) en 1950, Hélène Hourmat passe son enfance et son adolescence à Tanger au Maroc.
Après une licence d’histoire de l’art et d’archéologie et une licence Techniques d’expression et de communication à l'université de Bordeaux, elle s'installe à Paris en 1974 et se partage entre un poste de documentaliste-iconographe à l’agence photographique Giraudon (spécialisée en histoire de l’art) et des recherches en arts plastiques, peinture, dessin, photographie.


Autres activités

  • 1995
    • Enseignement Paris VIII-SaintDenis Université.

  • Female stories Female stories 1993
    • Illustration de couvertures de livres : "Street Noises", Adrian Rifkin, Manchester University Press, Angleterre.
      "Migrancy, Culture, Identity", Iain Chambers, Routledge, Londres.
      "Female Stories, Female Bodies", Lidia Curti, Macmillan Press, Angleterre.
  • 1977
    • Participation à la revue ‘Cahier des Arts et des Artistes’, Paris.
  • 1976
    • Membre de la revue ‘Histoire et Critique des Arts’, Paris.
Expositions
Français

Expositions collectives

  • 2014
    • Carte Blanche to Nil Yalter, Galerist, Istanbul.
    • Contemporary Istanbul, Istanbul.
    • Elles, Centre d’Art Contemporain, Château Lescombes, Eysines.
  • 2012
    • 25 Printemps, Arts Plastiques, Centre Culturel Le Triangle, Rennes.
  • 2011
    • Debussy, Art Contemporain, Villa Ducontenia, Saint-Jean-de-Luz.
  • 2010
    • Figures du Temps, Biennale d’Arts Plastiques, Villeneuve-La Garenne.
  • 2003
    • Exils, Festival Terre d’Images, Biarritz, Musée dart contemporain de Guéthary.
    • Méditerranées, Galerie Aréa-La Réserve, Paris.
  • 2002
    • Kunstmesse, Frankfurt/Main, Allemagne, Galerie Sandmann+Haak.
  • 1999
    • Archives des Lointains, Musée de l’Histoire Vivante, Montreuil.
  • 1998
    • Terrains vagues, entre le local et le global, Ecole des Beaux-Arts, Rouen et Kent Institute of Arts, Canterbury, Angleterre.
    • Famille, je vous…, Galerie Le Lieu, Lorient.
  • 1997
    • D’une source oubliée, Musée de l’Histoire Vivante, Montreuil.
  • 1996
    • Six Femmes artistes, Eté photographique de Lectoure.
    • Kunstmesse, Cologne, Allemagne, Galerie Sandmann+Haak.
  • 1995
    • Trois Musées, San Telmo Museoa, San Sebastian, Espagne.
  • 1993
    • Sélest’Art 93, Sélestat.
  • 1991
    • Das Andere Gedächtnis, Aby Warburg, Kampnagel, Hamburg, Allemagne.
  • 1989
    • Album Théâtre de l’Oubli, Galerie de l’Imagerie, Lannion.
  • 1988
    • Album Théâtre de la Mémoire, Galerie Edouard Manet, Gennevilliers.

Expositions personnelles

  • 2013
    • Lettres Persanes, Festival Les Ethiopiques, Librairie du Levant, Bayonne.
  • 2008
    • Archives, Index, Institut Français, Rostock, Allemagne.
  • 2003
    • Galerie Sandmann+Haak, Hannover, Allemagne.
  • 1999-2000
    • Le Temps du Maroc, Musée d’art et d’histoire du Judaisme, Paris.
  • 1999
    • Reisetagebuch, Institut Français, Dresden, Allemagne.
  • 1996
    • Carnets de voyage, Galerie Sandmann+Haak, Hannover, Allemagne.
  • 1995
    • Regards croisés, Le Triangle, Rennes.
  • 1994
    • Voyages, Musée Bonnat, Le Carré, Bayonne.
  • 1992
    • Sillages, Le Triangle, Rennes.
  • 1990
    • Personal Order, Jewish Museum, New-York, Etats-Unis.
    • "Trajectoires", CEPA, Buffalo, Etats-Unis.
Publications, Bibliographie
Français

Publications

  • 2007
    • Art et Ethnographie, Marges 06, Université de Paris 8-Vincennes St Denis.
  • 2004
    • Imitation et Anthropologie, Terrain 44, Paris.
  • 2003
    • Les Méditerranées, Area Revue, Paris.
    • Exile, Asylum,Feminist Review 73, Londres.
  • 1996
    • Marseille-Beyrouth, Revue ‘Incidences’, Marseille, France.
  • 1994
    • La Longue Vue, n°1, Le Festin, Bordeaux, France.
  • 1992
    • Fondation Anon, L’Observatoire, Marseille, France.

Bibliographie

Le Livre des 25 Printemps, l’Art Contemporain au Triangle 1986-2011, Rennes, Filigranes Editions, 2012.
– Gattinoni (Christian) Vigouroux (Yannick) La Photographie Contemporaine, Scala, collection Sentiers d’art, 2009.
– Gattinoni (Christian), La Photographie en France 1970-2005, Culturesfrance, Paris 2006.
– Chambers (Iain), Culture after Humanism, history, culture, subjectivity. Routledge, London and New-York, 2001.
– Rautmann (Peter), Nos Familles Lointaines, "Le Festin", Bordeaux, été 2000.
– Khemir (Mounira), Hourmat (Hélène), Carnets de voyages, MAHJ, Paris, 1999.
– "Famille et Photographie", L’Ethnographie, n°120, 1996.
– Gattinoni (Christian), La Photographie en France 1970-1995, ADPF, 1996.
– Winter (Peter) Der Orient ist in mir, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Hannover, 1996.
– Coombes (Annie), The distance between two points; global culture and the liberal dilemna, "Travellers’ Tales", Routledge, Londres, 1994.
– Huhn (Rosi), Des Femmes artistes contemporaines et la folie de la raison: un passage à l’autre, "Feminisme, Art et Histoire de l’Art", ENSBA, 1994.
– Thorman (Ellen), Das Andere Gedächtnis, Hamburg, 1991.
– Lipton (Eunice), Personal Order, Jewish Museum, New-York, 1990.
– Melot (Michel), Viridiane, une anatomie, "La Recherche Photographique", 1990.
– Grundberg (Andy), Personal Order by Hélène Hourmat, "The New York Times", July 13, 1990.

Notes de travail
Français

Rose des vents

Entre Maroc, Espagne, France et Angleterre, deux générations de femmes ont conté, mimé, évoqué, en deux langues, l’arabe et le français. C’était ma grand-mère, ce sont ma mère et ma tante. Mon père, lui, a photographié.
Cette complicité familiale, ce déplacement de part et d’autre du Détroit de Gibraltar, ont tissé une incessante interrogation autour de l’altérité, de la figure de l’Etranger, de la complexité du colonialisme.
Nécessité de constituer un corpus d’images.

Ce fut d’abord l’exploration de l’album de famille franco-marocain (1890-1960) : portraits individuels ou de groupe réalisés par des auteurs anonymes ou par des studios photographiques européens, petites photographies à bords dentelés prises au Kodak à soufflet.

> Femme de Fez dans son extérieur

Premières peintures à l’huile sur toile grand format, mes grands-parents en costume marocain sur fond de l’immeuble Shell à Londres-Waterloo,

> Les visiteuses du soir
> Viridiane
> Le détroit de Gibraltar, ou Le Goût salé des lèvres
> La furie endormie

Abandon progressif de la peinture, travail acharné en chambre noire, dessin au trait, grands dessins monochromes au crayon de couleur, vert Viridiane, rose Garance, bleu Cobalt, exécution longue, lente, qui leur confère fluidité et transparence , ils disparaissent dans les hautes lumières, dessin au pastel et à la pierre noire.

> La ménagerie du sultan, Leyla Gencer
> Tatouée
> Cadavre marocain oublié dans la campagne
> Battement de cils
> Zelig ou le son(ge) des bracelets

À l’album de famille se greffe une collection de cartes postales diffusées pendant les conquêtes coloniales françaises dont j’ai retenu la catégorie « Scènes et Types ». Ces représentations standardisées de types dit ethniques, Arabes, Berbères, Négros, Juifs, fabriquées par et pour un public européen, où les sujets sont traités en objet, où la femme est à la fois objet sexuel et femme colonisée.
Au fil du temps, je photographie et dessine l’entourage familial et amical, portraits, autoportraits.
Au fil du temps s’effectue un continuel, un incessant élargissement du corpus, ou plutôt de l’Archive. Des collections se constituent dans la durée, mûrissent dans les boîtes, sur les murs de l’atelier : objets ordinaires, cartes téléphoniques, emballages de produits de consommation, signalétiques diverses, glanés au gré des voyages, des échanges épistolaires.
Fragmentés, agrandis, recadrés, ces documents sont organisés à l’intérieur de grands murs d’images, de mosaïques-rébus, d’installations, combinant l’emploi de la photographie, du dessin, de la photocopie, du jet d’encre. Des lignes, formées par la succession d’images en petit format, parcourent les murs, tels des micro-récits.
Entrelacements d’exils, de textures de voix, rires, cris, fluidité des archives et des identités, multiples passages Orient-Occident, tissages indéfiniment tissés, créant de nouvelles résonances, à l’image de l’outil informatique.

Framework
english

Compass Rose

Between Morocco, Spain, France and England, two generations of women have narrated, mimed, evoked, in two languages, Arabic and French. Once upon a time was my grandmother, now are my mother and my aunt. My father, he, took photographs.
This family-centered complicity, this movement from one side of the Detroit of Gibraltar to the other, gave birth to an endless questioning of the other, of the figure of the foreigner, of the complexities of colonialism.
The need to constitute a corpus of images.

First through an exploration of the Franco-Moroccan family albums (1890-1960): portraits of real people, or of groups taken by anonymous authors or European photographic studios, small pictures with jagged edges taken with a Kodak bellows camera.

> Woman From Fez in her space outside

First large-scale oil paintings on canvas. My grandparents in Moroccan dress in front of the Shell building at London, Waterloo station.

> Ladies by night
> Viridiane
> The detroit of Gibraltar or The Salty taste of lips
> Sleeping fury

A slow distancing from painting, obstinate work in a dark room. Line drawings, large-scale monochromatic drawings with colored pencils, Viridian Green, Rose Garance, Cobalt Blue, a long and painstaking execution, which gives them fluidity and transparency, they disappear in strong highlights, pastel drawings and black chalk.

> The sultan's menagerie, Leyla Gencer
> Tattooed woman
> Moroccan cadaver foresaken in countryside
> Blinking eyelids
> Zelig or the dreamy sound of bracelets

Alongside the family album is grafted a collection of postcards produced under French colonial conquests, for which I retained the denomination “Scenes and Types”. These standardized representations of so-called ethnic types, Arabs, Berbers, Negros, Jews, made by and for a European audience, wherein the subjects are objectified, wherein Woman is simultaneously a sexual object and a colonized being.
As time unfolds, I take photos and draw family and friends, portraits and self-portraits.
As time unfolds, the corpus or rather the Archive grows, constantly, incessantly. Collections come into being to last across time, they ripen in boxes, on studio walls: ordinary objects, telephone cards, packages for consumer consumption, miscellaneous signs, harvested as voyages move to and fro, epistolary exchange.
Enlarged, reframed fragments, these documents are organized as vast walls of images, of riddled mosaics, of installations, bringing together photography, drawing, photocopies, ink jet images. Lines, formed by a succession of small-scale images, traverse the walls, like so many mini-stories.
The intertwining of exiles, the textures of voices, laughter, cries, the fluidity of archives and identities, multiple passages East and West, weaving rewoven again and again, creating new resonances, in the image of computerized tools.

Translated by Kathleen Wilson-Chevalier.